Le budget 2026 a été adopté dans un contexte politique tendu et prévoit un déficit public de 5 %, avec une dette toujours en hausse. Les mesures confirment le soutien au pouvoir d’achat (revalorisation de l’impôt, prime d’activité, APL) tout en renforçant certains dispositifs sur le patrimoine. Pour les entreprises, peu d’allègements sont accordés : la CVAE est maintenue et la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises est reconduite.

Après plusieurs mois d’incertitude politique, la France dispose enfin d’un budget pour 2026. Annoncé une première fois à l’été par François Bayrou, le projet a connu de nombreux rebondissements, entre changements de gouvernement et débats parlementaires prolongés.

Faute d’accord majoritaire, le Premier ministre Sébastien Lecornu a finalement engagé la responsabilité du gouvernement via l’article 49.3. Deux motions de censure ont ensuite été déposées, mais rejetées dans une Assemblée peu garnie. Le projet de loi de finances pour 2026 doit désormais entrer en vigueur après validation par le Conseil constitutionnel.

Un cadre budgétaire resserré

Le budget prévoit un déficit public de 5 %, soit 131,9 milliards d’euros, contre 5,4 % en 2025. L’objectif affiché reste un retour sous les 3 % d’ici 2029, même si la dette publique continuerait d’augmenter en 2026, atteignant 118,2 % du PIB.

Les recettes de l’État sont estimées à 365,5 milliards d’euros, pour environ 501 milliards d’euros de dépenses. Le taux de prélèvements obligatoires progresserait légèrement, passant de 43,6 % à 43,9 % du PIB.

Pouvoir d’achat et mesures sociales : cap maintenu

Côté ménages actifs, plusieurs dispositifs sont confirmés ou renforcés :

  • le barème de l’impôt sur le revenu est revalorisé de 0,9 %, suivant l’inflation

  • l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite est conservé

  • la prime d’activité augmente en moyenne d’environ 50 € par mois, pour près de trois millions de foyers

  • les APL ne sont pas gelées

L’exonération fiscale et sociale sur les pourboires est prolongée jusqu’à fin 2028, tout comme plusieurs avantages fiscaux ciblés. Une taxe sur les petits colis en provenance de pays hors Union européenne est instaurée, et le dispositif MaPrimeRénov’ est réactivé pour soutenir la rénovation énergétique.

Apprentissage et aides : un soutien maintenu, mais plus encadré

Le budget 2026 confirme la volonté de préserver les dispositifs d’accompagnement vers l’emploi, tout en réalisant des économies ciblées. Les crédits consacrés à l’apprentissage diminuent moins que prévu initialement, avec environ 100 millions d’euros d’économies, ce qui permet de maintenir un niveau d’aide significatif pour les entreprises formatrices.

Même logique pour l’insertion par l’activité économique, où les réductions budgétaires sont finalement limitées à 128 millions d’euros. L’objectif est de continuer à soutenir les publics éloignés de l’emploi, tout en rationalisant les dépenses.

En revanche, certaines règles évoluent du côté de la formation professionnelle. Le financement du permis de conduire via le compte personnel de formation est désormais restreint aux seuls demandeurs d’emploi, afin de recentrer les moyens sur les parcours de retour à l’activité.

Dans l’ensemble, ces arbitrages traduisent un équilibre entre maîtrise des finances publiques et maintien des leviers favorisant l’emploi et la montée en compétences.

Patrimoine et hauts revenus : des ajustements ciblés

Le texte introduit une taxe sur certaines holdings patrimoniales, recentrée sur les « biens somptuaires » (véhicules, yachts, bijoux, métaux précieux, certains biens immobiliers). Son rendement attendu est revu fortement à la baisse, autour de 100 millions d’euros.

Le pacte Dutreil est également durci : seuls les actifs réellement professionnels restent éligibles à l’exonération partielle, et la durée de conservation des titres passe de 4 à 6 ans.

La contribution différentielle sur les hauts revenus est reconduite, afin d’assurer une imposition minimale de 20 % pour les foyers les plus aisés, tant que le déficit restera au-dessus de 3 % du PIB.

Entreprises : stabilité fiscale, mais peu d’allègements

Pour les entreprises, plusieurs points clés ressortent :

  • la CVAE n’est finalement pas réduite et reste due au même niveau

  • la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises est reconduite pour celles dont le chiffre d’affaires dépasse 1,5 milliard d’euros, avec des recettes estimées à 7,3 milliards d’euros

  • 300 millions d’euros supplémentaires sont prévus pour soutenir le secteur agricole

En parallèle, l’État préserve les budgets des ministères régaliens, tout en réalisant des économies sur d’autres postes : réduction des effectifs dans certains services, baisse des moyens de plusieurs agences publiques et ajustement du plan France 2030. Les collectivités locales sont également mises à contribution, avec 2 milliards d’euros d’économies demandées.

À retenir

Le budget 2026 marque avant tout un compromis politique. Adopté dans un contexte tendu, il combine maintien du soutien au pouvoir d’achat, encadrement plus strict de certains dispositifs patrimoniaux et absence d’allègement majeur pour les entreprises. L’enjeu reste désormais la trajectoire de redressement des finances publiques, dans un environnement économique toujours incertain.

Nous restons attentifs à l’évolution de ces nouvelles mesures et aux impacts fiscaux qui en découlent, afin d’accompagner au mieux nos clients dans leurs décisions.